CACHAN (ValdeMarne), 19 déc 2004 (AFP) Les 1.000 de Cachan, africains pour la plupart, entre espoir et fatalisme


 

En situation régulière ou sans-papiers, les 1.000 de Cachan, africains pour la plupart, qui occupent depuis avril 2003 un vétuste immeuble d'un campus, oscillent entre espoir et fatalisme après le début de l'évacuation progressive de leur squat début décembre. "La situation de Cachan est exceptionnelle, c'est le plus grand squat de France". Fidèle Nitiema, délégué ivoirien des habitants, défend depuis plus d'un an les occupants, majoritairement maliens et ivoiriens, et à 60 % sans-papiers, de cette barre de cinq étages de plus de 300 chambres. Près de l'Ecole Normale Supérieure, l'ancienne cité U vouée à la démolition dénote avec ses balcons envahis de linge et de divers effets. Arrivé en France il y a quatre ans, Camara partage avec Ibrahima une chambre de 9 m³, équipée d'une télé et d'une belle chaîne hi-fi. Tous deux Maliens, ils ont leur carte de séjour. L'un travaille dans le nettoyage, l'autre est vigile. Camara rit jaune, en désignant un cafard au dessus du matelas où ils dorment à deux. Ils se sont rendus au squat sur les conseils d'amis et espèrent aujourd'hui une place en foyer. Ils ont cherché un appartement, mais en vain. Même parcours pour Boubacar, un partisan d'Alassane Ouattara (principal opposant de Laurent Gbagbo) qui a obtenu l'asile politique. Malgré ses 2.000 euros mensuels, ce couvreur en intérim doit se contenter du squat. "C'est invivable ici", confie-t-il excédé. Les douches collectives qui fuient de toutes parts le répugnent. Malgré les efforts d'entretien des résidents, des odeurs parfois incommodantes émanent des escaliers. Fofana, Ivoirienne sans-papiers, qui vit avec son enfant fait avec: "on n'a pas le choix", lâche-t-elle. "évacuation progressive" Afin d'éviter une opération policière d'expulsion massive, la préfecture du Val-de-Marne et le Crous (oeuvres universitaires), propriétaire de l'immeuble, avaient mis en place en août une cellule chargée d'examiner individuellement les possibilités de relogement et de régularisation. "Certains étaient méfiants et n'ont pas voulu se faire recenser, assure M. Nitiema. Selon la préfecture, on est 750, mais en fait on est plus de 1.000, dont 200 enfants". Ordonnée par une décision du tribunal administratif de Melun le 14 avril, l'évacuation a commencé début décembre mais à un rythme plus lent que celui programmé par les autorités. 50 des 130 occupants du cinquième étage - le premier à être évacué - sont partis, selon M. Nitiema. 90 ont reçu des propositions d'hébergement ou de relogement et 40 font l'objet d'arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière, selon la préfecture. "On veut bien partir d'ici mais avec des papiers, et de véritables solutions de relogement, pas dans des hôtels", affirme M. Nitiema. Il espère qu'un médiateur sera nommé dans ce dossier comme il l'a demandé mardi lors d'une conférence de presse en présence de Mouloud Aounit du Mrap. Les 1.000 de Cachan sont également soutenus par nombre d'élus communistes et Verts d'Ile-de-France. © 2004 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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