A Cachan, 800 personnes espèrent toujours être relogées

LE MONDE | 03.12.04 | 15h18

Huit cents personnes , dont environ 150 enfants en bas âge, majoritairement originaires du Mali et de Côte d'Ivoire, occupent toujours, faute de mieux, les 330 chambres exiguës d'un bâtiment promis à la démolition dans la résidence universitaire de Cachan (Val-de-Marne). Elles s'y sont installées en avril 2003 (Le Monde du 12 août) et vivent dans la précarité au beau milieu des bâtiments flambant neufs, réservés aux étudiants de l'IUT et de l'Ecole normale supérieure. Mercredi 1er décembre, la menace pesait d'une évacuation du dernier étage de l'immeuble, annoncée fin octobre par la préfecture du Val-de- Marne. Il ne s'est finalement rien passé, et pour cause : pour les 111 ménages occupant le 5e étage, aucune solution n'a été trouvée, et deux seulement, parmi les 23 en situation régulière, se sont vu proposer un relogement. Fin octobre, le directeur de cabinet du préfet, Pierre Derouch, avait rencontré les résidents et leur comité de soutien et imposé un calendrier. Le 1er décembre, le Crous, gestionnaire de l'immeuble, et Sic Habitat, son propriétaire, devaient reprendre possession du 5e étage de l'immeuble et le faire murer après évacuation de ses habitants. En échange, la préfecture s'engageait à proposer un relogement définitif, sur son propre contingent de logements, aux ménages en situation régulière. Quant aux 40 adultes (et 6 enfants) non régularisables, ils allaient faire l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière valant, pendant un mois seulement, autorisation provisoire de séjour. Enfin, une trentaine d'adultes (et 2 enfants) non expulsables devaient être relogés en foyer ou en hôtel. Ce programme n'a pas été tenu. Mercredi matin, les membres du comité de soutien des "1 000 de Cachan" ont fait le point. Si la quasi-totalité des familles "relogeables" sont toujours en attente de propositions, sur les 38 arrêtés de reconduite délivrés, il y a eu 23 recours, dont seulement 10 ont été jugés (et deux annulés). Mercredi 24 novembre, une centaine de représentants associatifs, d'élus de la région et des communes environnantes avaient adressé un courrier au préfet, Patrice Bergougnoux, pour lui demander de surseoir à l'évacuation de l'immeuble et de proposer un calendrier "compatible avec la mise en oeuvre des solutions proposées". Christine Garin .

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.12.04