Les réactions des soutiens
06/09/06
Je pensais que c'était important de rajouter les bénévoles car c'est vrai que nous n'avons aucune étiquette et nous venons parfois de très loin pour nous occuper entre autres des enfants (certains viennent du 95 par exemple).
Je me suis beaucoup occupé des bébés puis des enfants, fait une bonne cinquantaine de machines pour les familles, j'ai passé du temps à écouter surtout les mamans mais aussi certains papas, et certains femmes & hommes ... et je sais que je ne suis pas la seule à avoir passé ce temps là pour les soutenir .
J'ai aussi organisé les 2 sessions slams il y a une semaine et quelque vendredi et dimanche, et çà avait fait du bien à tout le monde.
Tout çà pour dire que les bénévoles font parfois beaucoup de travail et je trouve çà d'ailleurs très dommage qu'on ne soit pas plus coordonnées avec le comité de soutien car par notre action, nous faisons parti de ce comité.
Encore cette semaine, je suis allée voir beaucoup de mamans qui avaient encore des besoins en vêtements et surtout en sous vetements pour les enfants, je fais appel aux gens de mon quartier, j'ai mis des mots dans les immeubles, dans l'école de mon fils et celles du voisinage, etc ... mais j'aurais aimé par exemple qu'on me file un coup de main pour faire ces petits paquets à emmener aux familles, je suis dans un studio et ce n'est pas evident de stocker ces vetements. Quand les gens emmenent les vetements à Cachan, certaines familles plus debrouillardes on va dire prennent tout ce qui est en bon état et d'autres n'y ont toujours pas accès. J'ai un espece de listing avec les tailles des enfants mais je n'ai qu'une vingtaine de famille mais il faudrait aller voir toutes les familles car il y en a encore certaines trop réservées qui se debrouillent avec ce qu'elles ont (nous on le voit avec les enfants, quand on leur parle des fois ils n'ont qu'une tenue de change et souvent pas assez de sous vetements, certains enfants m'ont dit ne pas avoir de culottes ni de chaussettes !!!!).
Oups désolée de m'être un peu laissée aller à toutes ces confidences mais j'ai parfois l'impression que la coordination est difficile et quand on est sur le terrain car moins apte aux debats politiques, etc on a un peu l'impression d'être chacun dans son coin. Je trouve çà vraiment dommage pour le bien des 1000 de Cachan, ceci dit, je n'ai pas la solution !
une bénévole
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07/09/06
Parce que j' ai honte de ce qui se passe.Je suis une dame à la retraite plutôt bien installée et je sort de mon trou,pour dire bien que ne tenant pas sur mes jambes j' ai encore la force de dire que je trouve atroce ce que vivent " les sqatts " de cachan. Que faire de plus pour interpeller les gens normalement constitués pour se révoltér. Ce que j' écris ne servira à rien,mais au moins je ne dirais "On ne savait pas" Cordialement a tous .L.Deshais
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J'ai vu ce lieu exigu
J'ai vu cette construction qui n'est pas ce qu'on imagine d'un gymnase
J'ai entendu ces gens me dire qu'ils manquaient de tout
J'ai vu serré le stand où l'on serre à manger
J'ai vu ces gens partout où ils pouvaient
J'ai vu la vétusté de ce lieu
J'ai vu cette salle où les matelas au sol se touchent les uns aux autres
J'ai vu cet espace déjà plein à 7 heures du soir
J'ai entendu que c'était la salle des femmes et des enfants
J'ai entendu cette habitante de cachan venu aider me parler des cris la nuit
J'ai suivi ce jeune homme dans un espace couvert entre deux bâtiments
J'ai vu ces matelas de partout sur l'asphalte
J'ai entendu ce jeune homme me dire que c'est l'espace des hommes
J'ai entendu ce jeune homme me montrer les sanitaires et me dire que la nuit on ne peut pas y aller parce que le hall est plein de matelas
J'ai écouté ce jeune homme me dire qu'à l'étage c'est pareil
J'ai vu cette feuille ne pas déranger sur une porte
J'ai suivi ce jeune homme qui m'a invité à le suivre dans la pièce
J'ai vu ces sept hommes en grève de la faim
Je me suis entendu leur dire bonjour
Je me suis vu ne plus rien savoir leur dire
J'ai écouté cet homme me citer les CRS marcher la première nuit dans la salle des femmes pour y chercher les hommes
Je l'ai entendu me raconter qu'ils marchaient même sur les femmes et les enfants
J'ai entendu cet homme me noter qu'un jeune garçon avait eu un bras cassé
J'ai entendu cet homme me dire qu'il est fort et que pourtant lui il pleure quand il voit ça
J'ai entendu ces hommes me dire qu'ils ont été évacués du squat sans même pouvoir emporter leurs affaires
J'ai entendu cet homme me raconter les CRS charger alors qu'ils faisaient un sit-in devant le squat évacué
J'ai entendu cet homme me citer les cotes brisées de plusieurs personnes
J'ai entendu parler de fausses couches
J'ai entendu que cette femme a même perdu son enfant
J'ai entendu cet homme me dire qu'il n'allait plus à son travail afin de ne pas s'éloigner du camp
J'ai entendu ces gens me raconter que les contrôles de papiers ont eu lieu lorsque les gens se rendaient à leur travail
J'ai entendu ces hommes me parler du préfet refusant de signer une convention et s'engageant oralement
J'ai entendu ces hommes me dire qu'il n'avait pas tenu ses engagements
J'ai entendu cette femme venue aider me dire que ses amis au conseil municipal ne la contactaient plus
J'ai vu ces enfants pleins de joie jouer et rire
J'ai entendu ce jeune homme me dire que la municipalité avait refusé aux enfants de jouer sur le petit parking attenant
J'ai vu au coin les voitures de police et cars de CRS
J'ai entendu les bénévoles me dire les risques d'épidémies pour les jeunes enfants
J'ai entendu les bénévoles me dire vouloir surtout les éviter pour qu'elles ne servent pas de prétextes à faire évacuer les lieux
J'ai aussi vu ces femmes élégantes
J'ai entendu les abus de droits
J'ai entendu la volonté de placer les personnes en hôtel
J'ai entendu que sur les quelques qui y avaient été certains avaient été délogés par la police et sans nouvelles depuis
J'ai entendu cette jeune femme dire le risque d'intervention des CRS lorsque les hommes du camp étaient absents
J'ai entendu que le ministre avait promis l'évacuation du lieu d'ici ce week-end
J'ai entendu que rien n'avait été prévu pour après
J'ai senti que la nuit était plus lourde que le jour
J'ai senti la chaleur de cet homme me serrer la main des deux mains et me dire merci
Benoit Izard - 25 août 2006 - benoit.izard@wanadoo.fr -
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31 aout : 5.271 immigrés morts aux frontières de l'Europe
Selon la suivante revue de presse 5.271 immigrés sont morts aux frontières de l'Europe depuis 1988, dont 1.747 sont disparus en mer
En mer Méditerranée ont perdu la vie 4.072 migrants. Dans le Canal de Sicile 1.815 personnes sont mortes, entre la Libye, la Tunisie, Malte et l'Italie, dont 1.088 disparus; 1.272 personnes sont mortes au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l'Espagne, dont 281 disparus; 392 personnes sont mortes en mer Egée, entre la Turquie et la Grèce, dont 159 disparus; 474 personnes sont mortes en mer Adriatique, entre l'Albanie, le Montenegro et l'Italie, dont 136 disparus. En fin Cachés dans les camions comme dans les containers chargé sur les navires de cargaison 369 personnes ont été trouvées mortes en Albanie, France, Allemagne, Grèce, Turquie, Royaume Uni, Irlande, Italie, Hollande, Espagne et Hongrie En Libye au moins 560 personnes ont étés tués dans un assaut contre les migrants à Zawiyah, au nord-ouest de la Libye, en septembre 2000 Dans le Sahara 146 personnes sont mortes déshydratées essayant de traverser le desert vers la mer Méditerranée, du Soudan à la Libye comme de l'Afrique occidentale en direction de l'Algérie à travers le Mali et le Niger Dans les champs de mines de la frontière gréco-turque 86 migrants ont perdue la vie Et en outre: 51 personnes se sont noyées dans les fleuves délimitants la frontière entre la Croatia et la Bosnie; la Turquie et la Grèce; la Slovaquie et l'Autriche; la Slovénie et l'Italie; 34 personnes sont mortes d'hypothermie en tentant de franchir la frontière dans les montagnes de Turquie, Grèce, Italie et Slovaquie; 20 personnes sont mortes cachés sous les trains dans le tunnel sous la Manche en direction de l'Angleterre; 20 personnes sont mortes sous le feu de la police espagnole et marocaine le long de la frontière des deux enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla; 11 personnes sont mortes brûlées vives après qu'un centre de déportation en Hollande ait pris feu; 9 personnes ont été tuées sous le feu des soldats turcs et yougoslaves et 5 personnes ont été retrouvées mortes dans le train d'atterrissage d'avions de ligne More info at "FORTRESS EUROPE": http://fortresseurope.blogspot.com
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29 aout :Les quartiers de la honte... "
Il existe en France des lieux où s'exerce la torture blanche, où le droit n'existe pas, où les droits de l'homme sont niés, où les violences physiques et psychologiques sont utilisées pour briser l'individu, où l'enfermement extrême conduit à l'automutilation, à la folie ou au suicide. Ces endroits je les ais fréquenté et c'est ce dont je vais vous parler aujourd'hui, pour ne pas oublier ceux qui y sont encore et qui subissent acharnements, vengeances et représailles de la part de l'administration pénitentiaire.
Avant 1981 on appelait cela les Q.H.S (quartier de haute sécurité), lorsque les socialistes sont arrivé au pouvoir ils les ont supprimés en même temps que la peine de mort, parce que pas mal de militants de gauche et de prisonniers avaient lutter durant des années pour dénoncer les conditions de détention de ces Q.H.S. Mais faire changer les habitudes de l'administration c'est comme essayer d'éteindre un incendie de forêt avec un verre d'eau, en fait, ces quartiers n'ont jamais été supprimés, ils ont simplement changés de nom et ont été appelés " Q.I " (quartier d'isolement). Quelques peintures, quelques grilles retirées, voilà comment c'est opéré l'abolition mensongère des Q.H.S.
Rien n'a changé, pire, aujourd'hui les conditions de l'isolement se sont considérablement endurcies.
Ceux qui parlent le plus de la prison dans les médias sont en général ceux qui n'y ont jamais mit les pieds ou ne l'ont jamais vraiment vécu de l'intérieur. Souvent j'entend ces gens parler de l'isolement sans jamais y avoir goûtés et ces " spécialistes " du carcéral croient pouvoir parler en notre nom de ces lieux infâmes afin, disent-ils, de mieux les dénoncer. Les Dr Vasseur, Fauchet et compagnie ne pourront jamais vous parler de la prison comme je peux le faire. Bien sûr leurs démarches ne sont pas tout à fait négatives puisqu'elles contribuent à poser le débat en place publique. Cependant faut savoir de quoi on parle et si on veut parler de la prison il faut laisser la parole en priorité aux détenus, car eux seuls la connaissent et ont un rapport réel et intime avec elle.
Mon parcours me permet de vous faire traverser le monde pénitentiaire " de la cave au grenier " comme on dit, car j'y ai subits tous les régimes de détention et je peux donc en parler en connaissance de cause et en toute objectivité. Avec moi pas de langue de bois, pas de compromis, pas de prison virtuelle, pas de pourcentage, pas de statistique, pas d'impression, pas de théorie, pas de thèse, pas d'études criminologiques, pas de sociologie sur le monde carcérale, pas de spécialistes bidons, pas de discours lénifiant.... Non avec moi vous entrez de plein pied au cœur de la " taule " dans ce qu'elle a de plus déguelasse, dans ce qu'elle est vraiment, vous n'aurez que des choses vécus et éprouvés ce qui change du ton des discours distants, convenus, condescendants ou misérabilistes que l'on entend habituellement dans les médias.
Profitez-en car depuis quelques mois et pour la première fois un détenu peu prendre la parole par l'intermédiaire de ce BLOG qui est un espace de liberté sans aucune censure. Ce que vous lisez, textes après textes, vous ne le trouverez nul part ailleurs car personne ne peut traduire la réalité du monde carcéral à part celui qui la vit au quotidien, ce qui est mon cas. Personne ne peut vous parler de la " zonzon " comme je le fais à part quelques co-détenus ayant eus des parcours similaires. J'ai malheureusement 21 ans d'enfermement derrière moi, cela me confère donc le droit de faire autorité en la matière et que ceux qui ne sont pas d'accord viennent me prouver le contraire en me parlant de la prison qu'ils n'ont jamais ressentie dans leur propres chaires.
Seuls ceux qui ont fait des années d'isolement peuvent vous parler de cette détention spéciale et je compte bien le faire pour vous informer de ce que l'on y pratique comme méthode de destruction humaine.
Il faut le clamer haut et fort, l'isolement est un instrument de torture que l'administration pénitentiaire utilise sans vergogne ni contrôle sur des détenus afin de les briser. On le sait, des années d'isolement laissent des séquelles psychologiques et même physiques irréversibles sur ceux qui y ont séjournés trop longtemps. Ce n'est pas pour rien que les Q.I sont situés juste à côté des mitards, ce sont des lieux de souffrances complètement isolés de la détention ordinaire, et de tout temps c'est là que l'on exerce, à l'abri des regards, toutes sortes de répressions physiques et mentales. Personne pour voir ni entendre, alors forcement l'administration pénitentiaire a l'impression d'avoir les mains libres, et finit par s'auto persuader qu'elle a carte blanche pour agir comme elle le veut et imposer ses propres règles arbitraires en toute impunité. Dans ces lieux les directeurs d'établissements sont les seuls maîtres à bord et peuvent agir à leur guise en utilisant toute la panoplie coercitive et répressive contre des détenus n'ayant pas pliés.
Comment laisser des prisonniers des années dans les quartiers d'isolement et justifier à leur encontre l'utilisation de cette violence ?
Il suffit de les classer DPS (détenu particulièrement surveillé), de leur mettre une étiquette d'individu dangereux et le tour et joué. Les recours devant le tribunal administratif sont souvent peu efficace et c'est ainsi que des centaines de détenus en France se retrouvent dans les quartiers d'isolement sans limitation de temps.
Le Q.I c'est la prison dans la prison, l'enferment dans l'enferment, la punition dans la punition, ces lieux n'existent que pour détruire et casser du détenu, c'est leur fonction première. Espaces réduits, déplacement minimum, luminosité faible, promenade d'une heure, oppressions, étouffements, angoisses, stress permanent, pression psychologique, solitude, isolement totale, transfèrement régulier, privation des parloirs libre ou suppression des visites, fouilles quotidienne, intervention brutale et régulière des ERIS, absence de repaires... le quartier d'isolement c'est tout cela durant des années et les effets psychologique et physique sont dévastateur. Les murs vous renvoient à vous-même 24h sur24 comme une obsession et l'esprit plonge, se réfugie à l'intérieur du corps comme pour se protéger de l'agression de cette solitude malveillante. On finit par être trop à l'écoute de son corps qui se dérègle en quelques mois ou quelques années par des signes psychosomatiques liés au régime de l'isolement. Le temps qui passe devient irritant et l'état nerveux devient de plus en plus sensible, l'agressivité n'est qu'une réaction normale face à la situation mais elle est aussitôt réprimée dans une escalade qui conduit soit à une violence physique, soit à une sanction de mitard, soit à un nouveau transfert dans un autre Q.I, parfois les trois à la fois...Ce qui réduit encore plus les chances du détenu d'en sortir. C'est un cercle vicieux dont la seule victime est l'isolé lui-même. C'est le combat d'un seul homme contre tout un système destructeur bien rôdé, autant dire que les jeux sont fait d'avance. Seule la parole de l'administration pénitentiaire est parole d'évangile et elle seule décide de la fin du placement à l'isolement. En fait c'est quand elle veut et pour bon nombre d'isolés (toujours les mêmes) c'est le plus tard possible. Que l'on ne vienne pas me raconter qu'il y a des recours possibles ou d'autres moyens d'en sortir, seule la pénitentiaire décide, le reste n'est que littérature.
Les médecins peuvent émettre un avis, mais s'est toujours au bon vouloir de la direction. Je n'ai rencontré que très peu de médecins courageux émettant des certificats pour me faire sortir de l'isolement. Car bien souvent à force de manger au mess avec le personnel pénitentiaire certains toubibs finissent par être à la botte du directeur de l'établissement et à part la visite hebdomadaire obligatoire au Q.I, pas question pour eux de nous aider à en sortir même si vous êtes au bord du gouffre.
Certain font même des certificats attestant que vous êtes apte à y rester. Tiens cela me rappelle une petite histoire que j'ai vécue lorsque j'étais au quartier d'isolement de la M.A de Nantes.
Vraiment j'étais dans un piteux état puisque à l'époque il n'y avait pas de tri thérapie. Je revenais de l'hôpital où j'avais failli mourir d'une pneumocystose aigue. Cela faisait plus de deux ans que j'étais à l'isolement totale et mes défenses immunitaires en avait pris un sacré coup puisqu'il ne me restait plus que 8 T4 (il en faut entre 700 et 1000 pour être en bonne santé, le sida est considéré comme " déclaré " lorsque l'on passe en dessous de la barre des 200). Bref j'étais vraiment très mal. Un jour j'ai reçu la visite d'un médecin de l'extérieur spécialiste du VIH qui décida, constatant la détérioration de mon état de santé, de me faire un certificat médical réclamant ma sortie immédiate du Q.I. Il estimait, à juste titre, qu'il fallait que je rejoigne la détention normale car le régime de l'isolement auquel j'étais soumis risquait de me tuer.
Que croyez vous qu'il se passa ?
La direction demanda au médecin de l'établissement de faire un " contre certificat médical " pour me maintenir au quartier d'isolement et celui-ci accepta malgré la gravité de ma pathologie et c'est ainsi que je suis resté bloqué à l'isolement au mépris de toute déontologie et de l'article 10 du serment d'Hippocrate qui stipule :
" Un médecin amené à examiner une personne privée de liberté ou à lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement, ne serait-ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l'intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité. "
Je me souviendrai toujours du nom de ce médecin complice ayant bafoué l'article 10 de sa propre déontologie, le Dr ROBERT toubib de la M.A de Nantes, celui là même qui tient des discours sur l'univers carcéral et qui parle de la prison à tort et à travers de conférences en conférences pour soit disant l'amélioration des conditions de détention. Cela me fait doucement sourire quand j'entends parler de lui car je l'ai vu agir avec son vrai visage. La mémoire et le passé ressurgissent toujours pour remettre les pendules à l'heure.
Aujourd'hui ils nous ont pondu de nouveaux régimes de Q.I dit " renforcés " à l'exemple de celui qu'ils ont ouvert à Fleury-Mérogis au bâtiment D5 et que l'on appelle entre nous " GUENTANAMO " ce qui veut tout dire. Dans ce couloir de la mort lente est exercé une pression terrible sur les détenus et ce régime de torture blanche intolérable dans une démocratie doit absolument disparaître. Pour le moment ces hommes sont emmurés vivant et dans l'indifférence la plus totale, personne ne bronche ou ne dénonce ces traitements inhumains.
Sachez, pour votre gouverne, que sur chaque arrêt de jugement on trouve la mention suivante : " Au nom du peuple français "
C'est donc en votre nom que sont appliquées toutes ces détentions spéciales, c'est aussi en votre nom que des prisonniers subissent la torture blanche dans tous les quartiers d'isolement de France.
Maintenant que vous le savez, l'acceptez-vous ?
Il est temps que les nouveaux et les anciens militants de gauche, les prisonnières, les prisonniers, tous les militants des droits de l'homme, les ex taulards, les citoyennes, les citoyens, la presse, les médias, les personnalités publiques et politiques, toutes les associations et autres mouvements concernés par le problème carcéral se fassent entendre et se lèvent pour protester contre ces nouveaux quartiers d'isolement qui sont une véritable injure à la dignité humaine.
Réclamons tous ensemble que soit proposé, avant les prochaines élections, dans les programmes des parties politiques progressistes, l'abolition pure et simple de " ces quartiers de la honte ". Afin que plus jamais on ne laisse croupir des centaines de détenus au fond de ces oubliettes immondes.
Pour finir je vous laisse avec ces quelques mots poétiques qui décrivent véritablement ce que peut vivre un isolé au fond de son cercueil de béton.
Oui madame,
Il tourne en des milliers de pas qui mènent nulle part,
Dans un monde de béton aux arbres de barreaux fleuris,
Fleury de désespoir...
Inhumain rétréci sans aucun lendemain,
Sa pitance est glissée sous une grille à terre,
Et dans un bol l'eau pour qu'il se désaltère,
Il est seul sans soleil...
Il n'a même plus son ombre infidèle compagne,
Elle s'en est allée refusant d'être esclave de ce vivant mort-né...
Il tourne, il tourne et tournera toujours,
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé,
Après avoir gémit en une unique plainte,
Il tombera à terre et se laissera crever,
Pour trouver dans la mort sa seul liberté.
Je vous vois une larme, pourquoi vous attrister ?
Pauvre chien me dites-vous, en voilà une erreur.
Mais c'est un homme madame, il est emprisonné,
C'est celui que vos pères ont si bien condamné,
En rendant la justice aux noms des libertés...
J.M
A bientôt sur le BLOG pour la suite...
Laurent JACQUA
" Le blogueur de l'ombre "
URL de l'article : http://prison.eu.org/article.php3?id_article=8440
PRISON.EU.ORG est un site de Ban Public 29 aout
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J'ai signé la pétition mais résidant à 500 km de Cachan je ne peux pas participer à vos manifestations. Le relogement des expulsés dans des logements bon marché et décent est un impératif: surface, sanitaires, proximité des transports, des commerces, des écoles et des hopitaux. Celà me parait plus important que la revendication qu'un grand nombre de familles soient relogées ensemble comme il peut apparaitre dans le message et surtout dans les interviews présentées à la télé. C'est un comble que les expulsions soient le fait du ministre de l'Intérieur, maire de Neuilly et président des Hauts de Seine, qui préfère payer des petites amendes plutôt que de construire des logements sociaux dans la commune dont il a la charge. Plus généralement je trouve lamentable la façon dont le gouvernement français traite les ressortissants des anciennes colonies françaises. Alors que ces pays sont appauvris d'une exploitation ancienne par la France et actuelle par les pays occidentaux et que l'on se plaint du recul de la langue française le gouvernement français continue de traiter des femmes et des hommes parlant notre langue comme des sous êtres humains exploitables et rejetables à merci et de les loger dans des locaux insalubres.
Merci encore pour le travail de soutien que vous faites avec le comité.
JP Merlo
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29 aout
Après l'intervention de Nicolas Sarkozy sur France 2, le mardi 15 août, je me suis posé plusieurs questions auxquelles j'ai tenté d'apporter des réponses.
- Pourquoi le candidat-ministre a-t-il choisi la fête de l'Assomption pour intervenir à la télévision?
Parce que l'actualité du 15 août est traditionnellement peu importante. Il était ainsi certain d'avoir un écho véritable dans la presse
- Pourquoi le ministre-candidat était-il si tendu au point que son visage était complètement fermé ? Pourquoi cet énervement, cet agacement devant les quelques questions anodines de la journaliste?
Le candidat-ministre devait se rendre compte qu'il était devant une contradiction :
Ramener à lui l'électorat FN que son ordonnance du 13 juin avait peut-être troublé. Dans le même temps, montrer la justesse de sa démarche, pour les autres électeurs.
Le ministre-candidat était en plus certainement agacé par les courriers de protestations qui lui sont adressés à chaque menace et/ou à chaque expulsion. Les préfets aussi ont dû faire remonter à leur autorité de tutelle les lettres, fax et courriels qu'ils reçoivent pour les mêmes raisons.
- Comment le candidat-ministre pourra-t-il apparaître comme un homme politique animé d' “humanité et de fermeté” si, par exemple, tous les parrains qui se sont proposés prennent sous leur protection les vingt-quatre mille déboutés? 30.000 (nouveau chiffre) moins 6.000 (chiffre identique à celui précédemment annoncé pour 20.000 demandes de régularisation) égal 24.000?
La seule façon était l'intimidation et la déconsidération. Intimidation par un ton martial et ferme. Déconsidération des associations de soutien aux sans papiers en les traitant de démagogues et d'irresponsables. Je n'ai vu, moi, qu'un seul démagogue.
J'en suis resté là de mes interrogations et de mes tentatives de réponses. Je me suis dit que de toutes les manières il était d'une urgente nécessité de continuer à protester de toutes nos forces contre la politique de l'immigration telle qu'elle a été voulue par Nicolas Sarkozy, qui ne restera peut-être, après tout, qu'un ex-candidat, qui ne sera plus, je le souhaite qu'un ex-ministre.
Malgré tout, j'ai continué à écouter le ministre-candidat dans les jours qui ont suivi.
Chaque fois, j'ai été surpris des innovations linguistiques du candidat-ministre
Il a mis au point une nouvelle formule : “avoir vocation à être reconduit dans son pays d'origine". Je me suis à nouveau interrogé.
Peut-on avoir une inclination, un désir d'être reconduit dans son pays d'origine pour celles et ceux qui sont venus en France, tout en connaissant les difficultés qu'ils devaient rencontrer?
Il doit s'agir alors d'une vocation manquée!
Mais sans doute le ministre-candidat, avant de devenir ex-ministre mais toujours candidat, a-t-il voulu entendre le sens donné depuis peu, dans le langage administratif, “être qualifié pour...”.
Belle qualification, en vérité, que d'être sans papiers! Qualification qui relève uniquement de la volonté d'un gouvernement et de son ministre de l'Intérieur, qui lui a vocation à expulser les dits sans papiers.
Triste vocation pour lui qui ne restera bientôt dans le souvenir à défaut d'être dans l'histoire, tout au moins il faut l'espérer, que comme le ministre de l'Intérieur dont la vocation première était l'expulsion des sans papiers, où qu'ils se trouvent, quitte à leur tendre quelques pièges dans les préfectures ou ailleurs. On a la vocation ou on ne l'a pas.
En tout cas, personnellement, je me sens la vocation de soutenir les sans papiers
Autre découverte!
Et nouvel exemple de la richesse de vocabulaire du candidat-ministre. Il se livre à la métaphore ! “risque d'incendie” signifie en réalité “évacuations et expulsions”. C'est bien plutôt une rodomontade de très, très mauvais goût, un coup de menton électoral qui hypothèque l'avenir. Ils reviendront un jour ces expulsés de Sarkozy. Après avoir appris à leurs enfants, ils raconteront à nos enfants et petits enfants ce qu'était la France du temps du ministre-candidat.
Mais il fait encore plus fort ! C'était pour “éviter un drame humain” qu'il a fait évacuer, « au karcher » (encore un mot à lui pour dire « force de l'ordre »), le squatt de Cachan. Chacun sait qu'en matière de “drame humain”, le candidat-ministre en connaît un bout !
Prenons un exemple : tous les sans papiers qu'il expulse chaque jour, c'est pour une seule raison, “éviter (des) drames humains”. Vous ne vous rendez pas compte combien de drames humains il a pu ainsi éviter.
Vous ne le saviez pas! Mais les enfants que les forces de l'ordre ont été chercher jusque dans les écoles pour les mettre dans des centres de rétention, c'était chaque fois pour “éviter un drame humain”.
Nous ne remercierons jamais assez le ministre-candidat des “drames humains” qu'il a pu éviter. Le candidat-ministre est “humain”, j'ajouterais même humaniste.
C' est un homme plein de ressources. Saviez-vous, par exemple, qu'il avait des talents d'électricien. À Cachan il a découvert que les "multiples branchements (électriques) sauvages" étaient très dangereux pour les occupants. C'est en plus un expert en bâtiments. En grattant les murs il a pu mettre à jour "la présence de plomb et d'amiante dans la construction". Rendez-vous compte “les drames humains” qu'il a encore évités! Alors, que les occupants soient obligés de camper dans un gymnase, quelle importance face au drame humain qui a été évité.
Vous voyez bien que pour toutes ces raisons, le candidat-ministre ne pouvait qu'ordonner aux CRS d'évacuer les occupants du squatt de Cachan. Ils devraient le remercier au lieu de protester bêtement. Faites du bien aux gens, ils ne sont jamais reconnaissants.
Les associations qui les soutiennent ne sont que des démagogues et des irresponsables, « permettez-moi de vous le dire »!
Il faut d'ailleurs ficher tous ces gens ! C'est ce qui a été fait par votre directeur des « libertés publiques ». Là, vous avez le sens de l'humour noir !
Allons, encore un petit effort, Monsieur le Ministre-Candidat, et personne ne doutera plus de la nécessité d'aider LES SANS PAPIERS.
Jacques Vigoureux
LDH Paris 18ème
Scénariste et réalisateur
Président d'honneur du Syndicat national des auteurs et des compositeurs
Vice président de la Société des gens de lettres de France, en charge de l'audiovisuel
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20 août
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Il y a exactement neuf ans, en 1997, je déclarais : « /Il y a cinquante ans, on pourchassait les juifs, désormais ce sont les immigrés/ »... « /Les valeurs de la République que nous avons défendues dans la Résistance sont actuellement bafouées comme avec les immigrés de St Bernard/ ».
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Nous avons alors, nous, une dizaine de résistants et déportés, boycotté la commémoration officielle de la Libération de Toulouse en août en signe de solidarité avec les sans-papiers expulsés de l'église Saint Bernard.
Presque 10 ans sont passés et nous revoici dans la même situation, celle de défendre les valeurs qui furent celles pour lesquelles nombre d'entre nous ont perdu leur vie.
Nous ne pouvons admettre et n'admettrons jamais que des enfants, pour de simples raisons administratives, voient leur scolarité brisée et leur avenir compromis.
Admettre cela c'est accepter l'intolérable et nous sommes biens placés pour savoir que garder au début le silence sur de tels faits finit tôt ou tard dans le drame.
Le respect de l'être humain, quelle que soit sa culture, ses convictions, sa nationalité est une valeur universelle qui ne se discute pas.
Hier les juifs, les tziganes, aujourd'hui les immigrés, les musulmans, demain peut-être à nouveau les juifs... La vigilance doit être permanente.
La démocratie et la tolérance ne sont jamais acquises une fois pour toutes, elles sont un combat permanent.
Nous autres résistants et déportés, sommes de moins en moins nombreux... il est temps que les générations d'après nous prennent le relais.
La solidarité qui s'est exprimée au travers du Réseau Education Sans Frontières est un réconfort pour nous et la justification de ce que furent notre engagement et nos sacrifices.
Jean DURAND Déporté - Résistant Président du Conseil départemental de la Résistance de la Haute Garonne.
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Qui est Jean Durand ?
Né en mai 1926 à Paris. En 1940 son père est fonctionnaire au Ministère de la Guerre. Devant l'arrivée des troupes allemandes la famille quitte précipitamment Paris et s'installe à Saint Martory, petit village à 70 Kms au sud de Toulouse, au pied des Pyrénées. En raison de ses opinions, son père est déchu de ses droits et traitements... il sera réhabilité à la Libération. Le 1er janvier 1943, son père meurt. Jean prend alors contact avec la Résistance et entre dans le réseau « Libérer et Fédérer ». Il participe activement aux passages en Espagne de réfugiés et équipages anglais et américains d'avions abattus au dessus de la France. Dénoncé par un milicien, il est arrêté 8 novembre 1943 par la Gestapo avec 25 de ses camarades du réseau ainsi que quelques candidats au passage en Espagne. Détenu à la prison de Luchon puis de Saint Michel de Toulouse où il est torturé, il est déporté à Buchenwald où il est in extremis sauvé par un détenu anti nazi allemand.... Il a alors 17 ans, il y reste dix huit mois. Il apprendra plus tard que son sauveur a été liquidé par les SS. A la Libération, il est le seul survivant de son groupe arrêté avec lui. Il retourne à Paris où il constate que tout lui a été volé (appartement, meubles,...). Il s'installe à Saint Martory.
Il est de tous les combats contre le franquisme et nombre de militants anti fascistes espagnols lui doivent aide, assistance et de ne pas être expulsés de France.
La montée du Front National le remobilise, il sera président de « Ras le Front » à Toulouse.
Les mesures, lois et actions contre les immigrés et sans papiers le relancent dans l'action. Aujourd'hui à 80 ans, il soutient le Réseau Education Sans Frontières dans la Haute Garonne. Les parrainages se font sous sa Présidence.
Il préside pendant plus de 30 ans le Comité Départemental de la Résistance de la Haute Garonne et est aujourd'hui le dernier président en France, d'un de ces comités.
Il refuse farouchement le terme d' « ex résistant » et déclare : « *Quand on est résistant, c'est pour toujours* ».
http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3'id_article=6527
RESISTANCE, UN COMBAT DE TOUJOURS ! par Jean Durand